Youtube est rempli de vidéos créées par des « gurus » du business qui nous proposent de découvrir les clés de la réussite. Je n’y ai jamais vraiment adhéré car je trouve que l’essence d’un entrepreneur réside dans sa capacité à s’auto-motiver et à suivre son propre chemin.

Ceci-dit, il n’y a rien de mieux qu’une rencontre ou un exchange avec quelqu’un qui t’inspire ou te permet de viser les étoiles. Mon propre parcours m’a appris que ces moments arrivent généralement de manière inattendue voir improbable. En voici deux qui restent gravés dans ma mémoire:

Une escapade indienne

A l’âge de 17 ans j’ai eu l’opportunité de faire un voyage exceptionnel en Inde pour découvrir le travail d’une organisation non gouvernementale (ONG).

Cette ONG (créée et gérée par des indiens) oeuvrait dans le désert du Rajasthan pour l’égalité entre les sexes. Pas une mince affaire, dans une région reculée où certaines coutumes barbares perduraient, telles que le mariages d’enfants dès 3 ans et la mise à mort des jeunes filles mariées lorsque leurs maris décédaient de maladies infantiles.   

Pour parvenir à changer les mœurs dans le respect des communautés locales, l’ONG avait proposé, à une dizaine de villages, la construction d’écoles pour scolariser leurs enfants. En Inde, les instituteurs sont quasiment vus comme des dieux car ils détiennent la richesse de l’enseignement.

En contrepartie de cet investissement, il y avait deux conditions:

1) Les villageois devaient élire une fille ou une femme de leur village pour le rôle de future maîtresse d’école. Pendant les travaux de construction des écoles, les futures maîtresses devaient suivre des cours intensifs afin de maitriser la lecture, l’écriture et les mathématiques.

2) Une parfaite parité entre les élèves (50% de filles et 50% de garçons).

Dorénavant, la personne le plus respectée de ces villages serait une femme et les filles et les garçons bénéficieraient d’un même niveau d’éducation.

Cette expérience m’a profondément influencé. Nous (le peuple) détenons le pouvoir (et le devoir) d’initier des changements significatifs dans nos propres communautés. Nous n’avons pas besoin d’attendre que le gouvernement nous les imposent.

Deux “hitchhikers”

En 2015, je roulais sur le bord de mer entre Antibes et Nice au volant de ma Volkswagen Caravelle. Je venais de déposer des clients à leur hôtel et je rentrais “à vide”. Sur la route, j’ai croisé le chemin de deux hitchhikers (autostoppeurs). Ils avaient des bonnes bouilles et j’avais un énorme van à moi toute seule, alors je les ai récupérés. (Oui je sais, ce n’est pas prudent…)

Thomas et Joris étaient des jeunes Belges. Nous avons sympathisé et ils m’ont demandé pour quelle raison j’avais un si grand van. Je leur ai tendu ma carte de visite. Au recto de la carte de ma société “Friend in France” est écrit:

« A smile…a shared story…a shared experience. Nothing is more powerful than positive human interaction. It is these simple things that make a day special. »

Le déclic! Ils m’ont expliqué qu’ils avaient tous deux quitté leurs boulots en Belgique pour vivre une aventure humaine: parcourir le monde en autostop en quête de la « meaningful life » pour apprendre au fil de leurs rencontres la vision des êtres humains, leurs valeurs et le sens de leurs vies.

Les 30 minutes de trajet entre Antibes et Nice étant bien trop courtes pour une telle discussion, je leur ai alors prêté mon petit studio et nous avons convenu d’un dîné pour approfondir le sujet.

J’y avais aussi convié ma mère, une authentique hippie qui a fait beaucoup d’autostop dans sa jeunesse, et avec nos nouveaux amis, nous nous sommes régalés de spécialités Belges.

Cette soirée impromptue était pleine de conversations passionnantes et diverses mais il y eut un concept qui en ressortit et ne m’a depuis plus jamais quitté… « Meaningful Work » le travail avec un sens plus profond qu’un simple produit ou service. Nous passons plus de la moitié de notre existence au travail, notre métier est souvent partie intégrante de notre identité alors, n’est-il pas essentiel que ce temps ait un sens au-delà du simplement « gagner sa vie »? Cette philosophie était déjà présente dans ma société “Friend in France”, mais mettre des mots dessus m’a permis de ne jamais perdre de vu l’objectif de donner un sens humain et même sociétal à tous projets que j’entreprends. FRED est le fruit de cette réflexion.    

Quelles sont les expériences et/ou les personnes qui ont influencé votre vie?